Immigration

Les petits papiers

Pour un départ à l’étranger, on se retrouve avec un quantité phénoménale de papier à remplir, recevoir, envoyer par mail, par la poste, par pigeon voyageur. Quand en plus on a une phobie administrative comme nous (Thomas Thevenoud toimèmetussé), la tâche devient vite assez anxiogène.

Avant le départ

Alors déjà, peut-être que l’administration québécoise est moins pénible que l’administration française mais alors l’immigration canadienne. C’est un putain de parcours du combattant. Déjà, faut l’obtenir ce PVT, mais là, ça mérite un article ‘on it’s own’ (comme le dise pas nos amis québécois) tellement c’est une bataille. Mais une fois que tu as le papier, il faut préparer ton passage à la douane et ne rien oublier. Pour le permis Jeune Professionnel (JP pour les intimes), qui est lié à un emploi en particulier, c’est encore pire. Il te faut environ ton poids en preuve pour passer la douane.

Passer la douane et l’immigration

Nous sortons de l’avion, équipés de notre matériel de survie, un anorak, une valise pleine de vivre, 2 ordinateurs et leur pochette ainsi que 2 cellulaires intelligent à la pointe de la technologie. Chargement, maximal. Tels 2 explorateur dans la toundra sauvage, nous nous dirigeons vers la douane, nous sommes seuls, ou presque.

douane

Et maintenant, vous imaginez 2 gogoles, transpirant sous leur manteau de ski, traînant tout ce qu’ils ont pu amener avec eux en cabine, faisant cette queue d’environ 1 milliard de kilomètres, dans le plus grand des calmes (non).

bouu

Après ce loooong serpentin digne de la queue pour Ratatouille à Disney un dimanche par beau temps (avec 2/3 pannes de l’attraction), nous passons tranquillement la douane avant d’être redirigé à l’immigration pour valider nos permis. Une grande salle nous attend, il y a un peu de queue qui avance cependant relativement vite. Mais c’est un leurre, la première étape permet juste de filtrer les arrivants et leur donne un numéro. Nous partons donc gaiement nous asseoir (« Assoyez vous on va vous appeler »), muni du numéro 1006 on regarde, plein d’espoir le panneau lumineux indiquant les numéros, la sentence tombe : ‘968’… Après 1h15 de défilage de numéros plutôt anarchique (où était tous ces gens dont on appelait le numéro et qui ne se présentaient pas? Abandon? Enlèvement par le gouvernement canadien?), la machine s’emballe et on nous appelle.

Tout est prêt, une fois n’est pas coutume (pour ceux qui me connaisse bien), j’ai tout préparer dans des petits dossiers pour Raphaël et moi : lettre d’introduction, preuve d’emploi, contrat de travail, cv, description de l’entreprise, preuve d’assurance, preuve de fond, il y a même une description du livret qu’on possède pour montrer que notre épargne est disponible. Bref on est plus prêt qu’un groupe de scouts s’apprêtant à camper dans la forêt de Meudon.  L’agent nous dit alors : ‘Vos lettres d’introduction et votre assurance » on lui tend et lui d’ajouter « C’est correc’, je vous prépare ça ».

La. Déception. J’avais tout, c’était beau, c’était propre, j’avais jamais eu de ma vie un si beau dossier aussi bien organisé et tu me demandes 2 papier et c’est correc’? Azyyyyy.

Heureusement, quand on reçoit nos magnifiques permis, tout s’envole, on est heureux tout simplement.

Je me rend compte que cet article est déjà assez long, et je ne voudrais pas vous assommer dès maintenant en parlant de papier. Je vous ferai donc un peu plus tard un ‘les petits papiers, le retour’ (big up à toi Régine), pour vous parler formalité papier pour s’installer au Québec, qui réserve aussi son lot d’anecdotes croustillantes (oui je survends un peu le truc, mais faut bien quoi, la meuf elle parle de papiers quoi).

Margot

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Le départ

Le jour le plus long. C’est bien comme ça que l’on peut appeler cette journée.

6h

Sur le pont (après une nuit à cracher mes poumons #vivelabronchite). Une fois n’est pas coutume dans l’organisation Lucet-Perignesque, les bagages étaient (presque, faut pas déconner) prêts.

7h30

Le départ. Après avoir pesé une dernière fois les valises, notre équipage embarque à bord d’un puissant scénic direction l’aéroport. Il fait bien froid, histoire qu’on se prépare dès maintenant.

9h

Après avoir suivi avec plus ou moins d’assiduité Waze (n’est-ce pas le père Thierry?), nous arrivons à l’aéroport, très en avance et nous déposons nos valises dans la foulée. Elles devaient peser au maximum 23kg, elles font respectivement 22,7kg et 22,9kg (ouf).

10h30

Après avoir retrouvé le père de Raphaël et avoir partagé un bon petit dej, il est temps de dire au revoir à ma maman qui doit partir 😥 . Bon avec tout ça, l’embarquement ne commence pas avant 1h45, il faut trouver de quoi s’occuper, on décide de partir en randonnée dans l’aéroport (quoi? quoi? oh la critique hein!). Il commence à se mettre à neiger (décidément la météo veut vraiment nous aider à faire la transition). Au fur et à mesure des flocons, Raphaël flippe un peu plus sa race (non mais un avion ça peut décoller sous la neige???). Finalement, après avoir visité la moitié des terminaux de Roissy, il est temps pour nous de passer la sécurité et de dire au revoir à nos papas.

C’est toujours particulier cet endroit dans les aéroports, la zone qui sépare ceux qui partent de ceux qui restent. Depuis que je suis petite, quand j’accompagne ou que je récupère des gens à l’aéroport, j’observe les personnes qui partent avec une pointe d’envie. Où partent-ils? Pour quoi faire? Des vacances? Un retour à la maison? Je regarde la liste des vols au départ et j’essaie de deviner leur destination. On voit aussi des gens se prendre dans les bras, tristes de se quitter, on les retrouvera quelques jours/semaines/mois plus tard aux arrivées, se prenant toujours dans les bras, heureux de se retrouver. Et puis finalement, tous ces voyageurs sur le départ partent vers la zone VIP avec leur carte d’embarquement comme sésame. J’ai toujours, même maintenant, qu’ils accèdent à un endroit incroyablement cool et stylé alors qu’en fait, on a juste une ribambelle de magasins tous plus chers les uns que les autres et on va faire la queue pendant trois quart d’heure, trop chargés, pour monter dans notre avion, trop serrés. Mais voilà, prendre l’avion, c’est toujours un peu magique et excitant (on me signale dans l’oreillette que je raconte n’importe quoi, que l’avion c’est juste merdique et flippant).

Bref, on quitte les derniers membres de notre famille, à la fois triste et heureux, tout se mélange un peu, mais on ne peut plus faire demi-tour. Après toutes ces années à en rêver, 2 ans à faire le parcours du combattant d’Expérience Internationale Canada, après 3 vagues de demandes PVT (ratées), 157 tirages au sort, 3 comptes twitter suivis (ambassade du Canada en France tmtc), un job trouvé, 2 lettres d’introduction reçuse, un appart rendu et une caution récupérée (oui oui!), on y est.

Margot20170113_120317

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